Il y a des moments dans la vie d’une institution où l’on ne peut plus se contenter d’ajustements à la marge. La Fédération Congolaise de Football Association (FECOFA) est aujourd’hui à ce point de bascule. Après des années marquées par des carences managériales, des conflits d’intérêts récurrents, des décisions contestées et une absence criante de vision stratégique, le constat est sans appel : le football congolais souffre avant tout d’un déficit de gouvernance.

De l’ère Omari à la parenthèse du Comité de Normalisation (CONOR), en passant par la transition Tshimanga, les mêmes dérives ont perduré. Instabilité chronique, incohérences structurelles, leadership hésitant : autant de maux qui ont empêché la FECOFA de jouer pleinement son rôle d’organe technique et moteur du développement du football national.
Et pourtant, la RDC n’a jamais manqué de talent, encore moins de moyens pour développer son football !
C’est précisément là que réside le paradoxe. Sur les terrains, dans les quartiers, dans les centres de formation parfois improvisés, émergent des profils prometteurs comme Esdras Makosi, Faveurdi Bongeli, Ibrahim Matobo ou Caleb Buanondo… Une richesse brute, indéniable. Mais sans structuration, sans politique cohérente, ces talents restent trop souvent livrés à eux-mêmes, condamnés à des trajectoires incertaines.
Dès lors, la question n’est plus de savoir si le football congolais a du potentiel. Il en regorge. La vraie question est ailleurs : qui est capable de le structurer, de l’organiser et de lui donner une direction claire ?
Le problème n’est donc ni le talent, ni même les moyens financiers, au regard de l’engagement affiché par l’État congolais pour soutenir les équipes nationales, mais bien la gouvernance. La FECOFA a besoin d’hommes capables de gérer avec rigueur, transparence et vision. Et c’est précisément là que le projet porté par Véron Mosengo-Omba prend tout son sens.
Dans ce contexte, les élections en cours à la FECOFA ne sont pas un simple rendez-vous statutaire. Elles constituent une opportunité historique de refondation. Une chance rare de rompre avec les pratiques du passé et d’installer une gouvernance moderne, transparente et tournée vers les résultats.
Parmi les neuf candidats en lice, un nom s’impose progressivement dans le débat : celui de Véron Mosengo-Omba.

Ancien Secrétaire Général de la CAF, il incarne, pour une partie croissante de l’opinion sportive, une alternative crédible. Non pas par effet de mode, mais par la solidité de son parcours. Sa connaissance des rouages du football international, sa maîtrise des mécanismes de gouvernance moderne et son réseau étendu constituent des atouts que peu de profils peuvent revendiquer aujourd’hui dans le paysage congolais.
Mais au-delà de l’homme, c’est aussi une approche qui séduit !
Autour de lui, se structure une équipe expérimentée, faite d’acteurs qui connaissent à la fois les réalités locales et les exigences du haut niveau. On évoque des profils comme José Dayoni, Lolo Mosango et d’autres capables d’apporter des compétences complémentaires : gestion administrative, marketing sportif, lobbying, développement des compétitions. Autrement dit, une vision globale, là où la FECOFA a trop souvent souffert d’une gestion fragmentée.

L’expérience de Véron Mosengo-Omba à la CAF illustre, par ailleurs, sa capacité à produire des résultats concrets. L’organisation à Kinshasa de l’Assemblée générale ordinaire de l’instance continentale, une première historique pour la RDC, n’est pas un simple symbole : c’est la preuve d’un savoir-faire, d’un carnet d’adresses et d’une crédibilité capables de repositionner le pays sur la carte du football africain.
Son éventuelle accession à la tête de la FECOFA pourrait ainsi marquer un tournant : retour de crédibilité, meilleure gouvernance administrative et financière, accès renforcé aux réseaux internationaux, et surtout mise en place d’une véritable politique de développement à la base, incluant les jeunes et le football féminin.
Mais au final, ce ne sont ni les analyses, ni les pronostics qui feront l’histoire

Le destin immédiat du football congolais repose entre les mains de 68 voix. Soixante-huit électeurs, issus de toutes les composantes du football national : 6 voix pour les ligues nationales, 22 pour les ligues provinciales, 12 pour les clubs de Ligue 1, 4 pour ceux de Ligue 2, 11 pour les champions provinciaux, 2 pour le football des jeunes, 3 pour le football féminin, et 8 pour les regroupements d’intérêt — des footballeurs aux entraîneurs, en passant par les arbitres, les dirigeants et les médecins du football.
Ce sont eux qui, au-delà des discours, porteront la responsabilité d’un choix historique.
Un choix entre continuité et rupture. Entre gestion approximative et gouvernance rigoureuse. Entre immobilisme et ambition.
Dans ce moment charnière, la candidature de Véron Mosengo-Omba apparaît, pour les esprits averti, comme celle d’un changement structuré, réfléchi et ambitieux. Mais une évidence s’impose : le renouveau ne se décrète pas, il se choisit.
Et cette fois, le choix appartient entièrement aux électeurs.
Divin Casimir Ngalamulume
