L’analyse récemment publiée par le journaliste Jérémie Yankole, s’appuyant sur les propos de M. Guy Mafuta, appelle une mise au point rigoureuse. Qualifier le passage du premier Comité de Normalisation (CONOR) d’échec sous l’ère de M. Véron Mosengo (SG de la CAF) relève soit d’une méconnaissance profonde des procédures de la FIFA, soit d’une volonté délibérée de manipulation de l’opinion sportive.
Une méconnaissance des missions régaliennes du CONOR
Il est essentiel de rappeler qu’un CONOR n’est pas nommé par la FIFA-CAF pour « développer le football » (construction de stades, formation, etc.), ce qui est le rôle d’un Comité Exécutif élu. Le CONOR a des missions de salubrité institutionnelle précises, à savoir :
- Assurer la gestion des affaires courantes.
- Mettre en place une nouvelle gouvernance administrative et financière.
- Réviser les statuts (souvent obsolètes ou taillés sur mesure) pour les conformer aux standards FIFA-CAF.
- Organiser des élections transparentes.
Contrairement aux affirmations hâtives, le travail du premier CONOR a été exemplaire sur les points structurels qui bloquaient la FECOFA depuis des décennies dont principalement la Modernisation des textes :
En effet, l’organisation de deux Assemblées Générales (Ordinaire et Extraordinaire) a permis l’adoption de nouveaux statuts, ouvrant enfin le jeu démocratique.
En passant d’une gestion presqu’informelle à une institutionnalisation complète, le CONOR 1 a doté la Fédération d’une colonne vertébrale, transformant ainsi cette mission de gestion de crise en une véritable refondation administrative.
Bilan probant du CONOR 1 (fin de mandat Juin 2025)

Contrairement aux affirmations hâtives, le travail de premier CONOR a été exemplaire sur les points structurels qui bloquaient la Fédération depuis des décennies.
- Administration et Finances
Le mandat du premier Comité de Normalisation (CONOR 1) s’est distingué par une rigueur administrative ayant permis de stabiliser la Fédération et de sécuriser son avenir : Sécurisation des Ressources FIFA (Dépassement de mission), Sauvetage des fonds FIFA FORWARD 1.0 et 2.0 :
Le CONOR 1 a obtenu la reconduction des soldes de ces programmes qui arrivaient en annulation fin 2024. Cette négociation évite une perte financière majeure.
Éligibilité au cycle FORWARD 3.0; ce Comité a rempli toutes les conditions d’éligibilité, garantissant l’accès aux futurs financements.
Impact pour le futur COMEX; ce travail sécurise une base financière solide, facilitant ainsi le travail de la nouvelle équipe dirigeante dès sa prise de fonction.
Institutionnalisation et Modernisation Administrative

Le CONOR 1 a pallié un vide structurel quasi total en mettant en place des outils de bonne gouvernance qui n’existaient pratiquement pas auparavant :
Cadre Normatif, Création et mise en œuvre du Manuel de procédures administratives, comptables et financières; de l’Organigramme institutionnel, des fiches de poste (Job Descriptions) pour chaque agent.
Transparence et Traçabilité : Mise en place d’une comptabilité formelle et informatisée incluant la gestion numérique de la trésorerie.
Gestion du Patrimoine : Réalisation de l’inventaire exhaustif des biens mobiliers et immobiliers de la Fédération, d’une structuration de la gestion logistique du charroi automobile.
Ouverture du processus électoral
Si les élections ont connu des soubresauts, c’est précisément parce que le CONOR 1 a débusqué les tentatives de fraudes et de « magouilles » des personnes cherchant à venir aux affaires en infiltrant les Commissions Électorales.
Ne pas confondre » Fondation » et « Finition

Le CONOR 1 a terminé sa mission en juin 2025 en livrant une architecture saine. Si le processus a bégayé après juin 2025, la responsabilité ne lui incombe pas dans la mesure où il apparaît clairement aujourd’hui que l’équipe de transition qui n’a pas su capitaliser sur les acquis de la nouvelle gouvernance laissée par CONOR 1, validée par les instances internationales. Vouloir lier cette situation à un supposé manque d’implication de M. Véron Mosengo est un raccourci malheureux.
La CAF et la FIFA ont fourni les outils ; il appartenait aux acteurs locaux de ne pas saboter les réformes pour des intérêts partisans.
Le CONOR 1 n’a pas échoué. Il a réussi l’essentiel : briser le monopole de l’entre-soi.
En effet, si aujourd’hui une multitude de candidats peut postuler et espérer un scrutin crédible avec un parterre élargi d’electeurs, c’est grâce au nettoyage des textes et des procédures effectué sous l’impulsion de cette Normalisation. Critiquer le CONOR pour le plaisir de critiquer la CAF est un exercice de rhétorique qui ne sert pas le football congolais.
Jeff Katala
