Le football congolais continue de s’enfoncer dans une crise profonde où les accusations de corruption deviennent presque banales. Les récents échanges entre deux dirigeants influents de clubs de la capitale, Vidiye Tshimanga du FC Les Aigles du Congo et Flory Mapamboli de l’AS Vita Club, illustrent une réalité qui choque de plus en plus les amoureux du ballon rond national.
Ces échanges sont intervenus au lendemain du match entre le FC Les Aigles du Congo et l’AS V Club, disputé le jeudi 21 mai au stade Tata Raphaël à Kinshasa, une rencontre qui a viré au cauchemar après de graves incidents ayant entraîné des actes de violence, des dégâts matériels et plusieurs blessés.
Dans leurs déclarations, chacun semble connaître les pratiques reprochées à l’autre. D’un côté, Vidiye Tshimanga laisserait entendre que Flory Mapamboli aurait corrompu certains clubs afin d’obtenir une qualification aux play-offs. De l’autre, Flory Mapamboli connaît également les méthodes attribuées à Vidiye Tshimanga, accusé par plusieurs observateurs d’entretenir depuis longtemps des pratiques douteuses dans le milieu du football congolais.
Ces accusations croisées viennent une nouvelle fois ternir l’image d’un football déjà fragilisé par les violences, les polémiques arbitrales et le manque de crédibilité des compétitions nationales.

Pour plusieurs analystes, le problème dépasse largement les arbitres souvent pointés du doigt après chaque journée de championnat. Après plusieurs enquêtes et témoignages recueillis dans le milieu sportif, beaucoup estiment aujourd’hui que la corruption est devenue systémique, touchant non seulement l’élite, mais aussi les divisions inférieures du football congolais.
Dans ce contexte, certains observateurs disent avoir volontairement cessé de commenter les décisions arbitrales, convaincus que les hommes en noir ne sont que le reflet d’un système gangrené où dirigeants, intermédiaires et responsables sportifs se livrent à des pratiques qui détruisent progressivement la crédibilité du football en République démocratique du Congo.
« J’ai arrêté de m’attaquer aux décisions et aux mauvais comportements des arbitres depuis le jour où j’ai compris que la quasi-totalité des dirigeants les corrompent », déclare Divin Casimir Ngalamulume, journaliste sportif très actif dans le milieu du football.
Face à cette situation, nombreux sont ceux qui attendent désormais des réformes profondes de la part de la nouvelle direction de la Fédération Congolaise de Football Association afin d’assainir un environnement devenu toxique et de restaurer la confiance des supporters.
La Rédaction
