La crise institutionnelle continue de secouer la Fédération de Karaté du Congo (FEKACO). Après l’assemblée générale extraordinaire organisée récemment, plusieurs voix s’élèvent pour contester la légitimité de l’élection de Claude Tshisekedi à la tête de l’instance dirigeante du karaté congolais.
Au cœur de la polémique : l’éligibilité même du nouveau président proclamé. Ses opposants estiment que Claude Tshisekedi ne remplirait pas les critères exigés par les statuts de la FEKACO. Selon eux, la fonction de président fédéral est réservée à un citoyen congolais ayant soit dirigé une ligue durant deux mandats successifs, soit occupé un poste au sein du bureau exécutif de la fédération. Des conditions qui, selon les contestataires, ne correspondent pas à son profil.
Mais au-delà de cette question d’éligibilité, c’est tout le processus électoral qui est remis en cause. Les détracteurs de cette assemblée dénoncent une série “d’irrégularités graves” ayant entaché l’organisation du scrutin.
Ils évoquent notamment une convocation jugée hors délai par rapport aux textes réglementaires de la fédération. D’après eux, les délais prévus par les statuts n’auraient pas été respectés entre l’annonce de l’assemblée générale, la convocation du corps électoral et la tenue du vote.
D’autres accusations portent sur la qualité des organisateurs de cette assemblée. Les opposants affirment que certaines personnes ayant convoqué la réunion étaient déjà suspendues par le comité fédéral et n’avaient introduit aucun recours contre cette décision.

Les critiques vont encore plus loin en dénonçant de présumés cas de faux et usage de faux dans le procès-verbal de l’assemblée. Des ligues jugées “non viables” et ne participant à aucune activité officielle auraient été créées afin d’influencer le vote. Certains membres annoncés comme présents seraient pourtant absents lors du scrutin, alors que leurs signatures figureraient sur les documents officiels.
La contestation touche également la commission électorale, dont plusieurs acteurs disent ne jamais avoir vu la composition officielle ni les procédures de réception et de validation des candidatures. Selon eux, aucune période claire de recours n’aurait été organisée, renforçant les soupçons d’un processus mené sans transparence.
Autre point soulevé : l’absence présumée d’un représentant du Comité Olympique Congolais lors de l’assemblée générale, pourtant prévue par les textes de la FEKACO. Les opposants considèrent que cette absence fragilise davantage la crédibilité des résolutions prises ce jour-là.
Les contestataires dénoncent aussi l’influence de certaines autorités administratives présentes dans la salle au moment du vote. Ils parlent notamment d’intimidations exercées sur certains délégués provinciaux, ce qui aurait affecté la liberté du scrutin.

En toile de fond, cette crise est également liée au conflit opposant le ministre des Sports au président fédéral réhabilité par la justice après plusieurs décisions judiciaires rendues en sa faveur. Les proches de ce dernier rappellent que les tribunaux, aussi bien en première instance qu’en appel, ont annulé plusieurs décisions prises contre lui. Selon leur interprétation, cette réhabilitation rendrait juridiquement caduques certaines résolutions issues des assemblées contestées.
Enfin, les tensions autour de la reconnaissance des structures affiliées à la World Karate Federation (WKF) alimentent davantage la fracture au sein du karaté congolais. Certains acteurs accusent le ministère des Sports d’ingérence dans les affaires internes de la fédération, tandis que d’autres défendent la nécessité d’une restructuration du mouvement sportif.
Une chose est certaine : la bataille autour de la gouvernance de la FEKACO semble loin d’être terminée, alors que le monde du karaté congolais reste profondément divisé sur la légitimité des instances actuellement en place.
