Ancien président de l’EUFKIN Lukunga et figure bien connue du football congolais, Matthieu Tovo a récemment retracé les grandes étapes de son parcours d’entraîneur. Avec son franc-parler habituel, le doyen s’est livré sans détour, illustrant son récit par un adage : « L’appétit vient en mangeant. »
Ancien joueur de l’AS Vita Club, Matthieu Tovo situe ses débuts comme entraîneur en 1997, à l’époque de l’entrée de l’AFDL et après le départ de Sadam. Il découvre alors le métier au sein de l’équipe Amazone, après une première expérience à l’US Kongolo, où il évoluait aux côtés notamment d’Adou M., alors secrétaire adjoint.
Au fil des années, Tovo affirme avoir connu des succès avec les différentes équipes qu’il a encadrées. Parmi les joueurs qui ont particulièrement marqué son parcours, il cite notamment Mabele Bawaka, qu’il a eu sous sa responsabilité au FC Lolo.
L’entraînement, un don chez Tovo ?
Interrogé sur les formations qui ont accompagné sa vocation d’entraîneur, Matthieu Tovo explique que son apprentissage a d’abord reposé sur l’expérience acquise auprès d’anciens footballeurs. « J’ai ensuite suivi des formations « , a-t-il précisé.
Son parcours académique et technique comprend notamment un diplôme de Fores, une Licence B CAF ainsi qu’une Licence A fédérale, autant de formations qui ont renforcé son expérience de terrain.
Théophile Abong, un entraîneur qui l’a marqué !
Concernant ses modèles dans le métier, le doyen affirme ne pas en avoir véritablement eu à ses débuts.
» Au départ, je n’avais pas cette ambition, je n’avais pas de modèle… Mais l’entraîneur camerounais Théophile Abong m’avait marqué « , a-t-il confié.
Tovo n’a pas non plus oublié les conseils et remarques de son ancien entraîneur Konzi, qui ont contribué à façonner sa vision du métier.
Amazone, le tournant de sa carrière
Dans son récit, Matthieu Tovo considère son passage à Amazone comme l’un des tournants majeurs de son parcours. Il y occupait une double fonction, celle de secrétaire général et d’entraîneur principal.
Cette expérience lui a permis de développer une approche fondée sur la discipline, l’organisation et l’expérience. Des principes dont il dit être fier, notamment pour avoir réussi à rivaliser avec plusieurs grands clubs de l’époque.
Discipline, foi et travail : les clés du succès

Pour Matthieu Tovo, son entrée dans le métier d’entraîneur a également coïncidé avec sa conversion au christianisme. Une période qui, selon lui, a profondément influencé sa manière de diriger ses équipes.
« Lorsque je suis devenu entraîneur, cela a coïncidé avec ma conversion au christianisme et j’ai imposé la discipline à mes joueurs « , a-t-il expliqué.
Il insiste notamment sur l’importance d’écarter certaines mauvaises pratiques, tout en mettant l’accent sur la rigueur des entraînements et la préparation mentale. « C’était ça, la force de l’équipe Amazone « , a-t-il résumé.
De Yvon Kitenge à Hugo, des expériences marquantes
Au cours de sa carrière, Tovo dit également avoir eu la chance de travailler aux côtés de plusieurs techniciens, parmi lesquels Yvon Kitenge et Hugo.
Il garde notamment un souvenir particulier de la préparation d’avant-saison effectuée avec Yvon Kitenge, avant le départ de ce dernier pour la Sanga Balende, ainsi que de sa collaboration avec Mukeba.
» Un entraîneur doit tout assumer comme un bon manager «
Fort de son expérience, Matthieu Tovo adresse également un message aux entraîneurs de la nouvelle génération. Pour lui, un technicien ne doit pas se limiter aux aspects purement sportifs, mais doit être capable d’assumer pleinement son rôle de manager.
Son passage au sein de la sélection nationale U23 reste toutefois marqué par un regret. Adjoint au sein de cette équipe, Tovo déplore sa mise à l’écart alors que, selon lui, la sélection qui avait réussi à obtenir de bons résultats était en grande partie le fruit du travail accompli avec le groupe.
Chancel Mbemba et d’autres talents dans son parcours
Pour conclure, Matthieu Tovo a évoqué plusieurs joueurs qui ont émergé au fil de son parcours. Il cite notamment Chancel Mbemba, Déo, Asumani Rachidi et plusieurs autres talents qu’il a eu l’occasion d’encadrer.
Un parcours qui témoigne, selon lui, d’une longue expérience au service du football congolais, entre formation, discipline et transmission.
